« Aller chercher ce titre national serait une première pour un équipage féminin »

Sarah, avant le rendez-vous du Terre de Lozère, vous vous retrouvez en tête du Championnat de France des rallyes Terre. Cela doit être une très grande satisfaction ?

Oui, c’est une grande satisfaction. Après les deux dernières saisons, grâce au programme Iron Dames, j’ai pu découvrir le Championnat de France Terre, l’Asphalte, mais aussi le Championnat du Monde. Après l’arrêt de ce programme, je voulais construire un schéma sportif cohérent, décrocher des victoires et, si possible, aller chercher un titre national.

Nous avons donc visé ce championnat Terre, sachant que c’est une surface que j’apprécie particulièrement et qui, économiquement, pouvait rentrer dans notre budget.

Finalement, l’adaptation à votre nouvelle voiture
et à votre nouvelle équipe a été très rapide ?

C’est incroyable. Dès les premiers tests, je me suis sentie vraiment à l’aise dans cette voiture et, surtout, en confiance. La Skoda est vraiment une voiture agréable et qui permet de progresser rapidement dans les réglages.

Avec le Team 2C, j’ai tout de suite eu toute l’équipe derrière moi, à l’écoute. Les mécaniciens, mon chef de voiture et mon ingénieur ont tout fait pour me mettre en confiance. C’est un élément très important lorsqu’on arrive dans une nouvelle structure et que l’on doit rapidement trouver ses marques.

Après le programme Iron Dames et son interruption,
vous avez donc su rebondir avec de nouveaux partenaires ?

J’ai une chance incroyable d’avoir rencontré IGOL en début de saison. C’est évidemment un partenaire majeur au niveau financier cette saison, mais il y a aussi un aspect humain qui représente une force et une motivation fantastiques.

Plus qu’un partenaire, il y a un véritable échange et une confiance réciproque. Je suis vraiment très heureuse de cette collaboration, qui, je l’espère, va s’inscrire dans la durée. C’est très important d’avoir des gens motivés derrière vous.

C’est aussi le cas avec mes autres partenaires, comme NTN, le groupe Chopard qui m’accompagne depuis plusieurs saisons. Cette fidélité est importante pour moi et permet également de construire quelque chose dans le temps.

On peut imaginer qu’il y a eu quand même des moments de doute, d’incertitude, voire de remise en question ?

Bien sûr. Nous étions habituées, avec Julie, à un certain confort, car notre programme était entièrement pris en main et organisé. 
Mais cela m’a permis, on peut même dire obligée, de reprendre en main beaucoup de choses.

C’est différent, mais cela me correspond finalement, car je sais où je veux aller et j’essaie de mettre en place les éléments pour y parvenir. 

Il faut être capable de construire son projet, de chercher les partenaires, de réfléchir au programme et de préparer chaque rendez-vous. 

C’est beaucoup de travail, mais c’est aussi très enrichissant.

Après le podium du début de saison et les deux victoires qualifiées d’historiques par la presse,
le titre de championne de France est-il devenu l’objectif numéro 1 ?

Oui. Quand on se retrouve leader du championnat, l’objectif est évidemment de décrocher le titre. Cette saison, le championnat est particulièrement relevé, avec des spécialistes de la Terre et d’anciens champions de France. Rien n’est donc encore joué.

Mais oui, nous allons tout faire pour conserver cette position et aller chercher ce titre national, qui serait une première pour un équipage féminin. Ce serait forcément quelque chose de très fort pour Julie et pour moi, mais aussi pour toute l’équipe qui travaille derrière nous depuis le début de la saison.

Est-ce que vous prenez pleinement conscience
des performances que vous réalisez cette saison
et de l’attente placée en vous ?

Pour moi, je n’ai pas l’impression d’avoir changé. J’ai simplement continué à travailler durant l’intersaison pour monter ce programme et, surtout, préparer au mieux les rallyes, que ce soit physiquement, mentalement, mais aussi techniquement.

Le fait de pouvoir échanger en permanence avec le team et même de me rendre à l’atelier permet de progresser dans la compréhension et l’analyse. Je peux ensuite retransmettre ces informations à l’ingénieur et à toute l’équipe. Cela me permet également de mieux comprendre la voiture et de participer davantage aux choix techniques.

Aujourd’hui, quand je monte dans la voiture avec Julie, je me concentre à 100 % sur mon pilotage. Je sais que le reste va suivre. C’est une situation très confortable pour une pilote : savoir que toute l’équipe maîtrise parfaitement son domaine permet de se concentrer pleinement sur la performance.

Vous venez de rajouter à ce programme Terre
une participation au Rallye Mont-Blanc Morzine.
L’asphalte est également une surface que vous appréciez ?

En effet. Lors de mon dernier rallye sur asphalte, au Var, avec Julie, nous avons terminé à une bonne cinquième place.

Suite à l’annulation du Terre de Découverte, j’ai eu l’opportunité, grâce à IGOL, de monter un projet pour ce rallye. Je voulais vraiment rouler au volant de la Skoda et, surtout, avec le Team 2C.

C’est aussi intéressant pour moi de retrouver l’asphalte. J’ai maintenant davantage d’expérience sur cette surface et cela permet de continuer à travailler, à progresser et à accumuler des kilomètres.

Le Rallye Mont-Blanc Morzine est un très beau rendez-vous, avec un plateau relevé et des spéciales que j’apprécie. Nous allons donc essayer d’en profiter au maximum.

Même s’il est encore tôt, quels sont vos objectifs
et vos ambitions pour 2027 ?

Pour le moment, je reste focalisée sur le titre en Championnat de France des rallyes Terre. C’est vraiment la priorité et nous avons encore beaucoup de travail à accomplir pour aller chercher ce résultat.

Bien sûr, nous discutons déjà pour 2027 et l’objectif serait de retrouver le Championnat du Monde. Nous allons travailler sur ce projet pour revenir en Mondial, et peut-être également avec quelques apparitions en France, car le championnat est vraiment très formateur.

L’idée est de continuer à progresser, de construire un programme cohérent et de retrouver progressivement le niveau international. Mais avant de penser à 2027, il y a un titre à aller chercher cette saison. Et nous allons tout faire pour y parvenir.

Source : Gazette GT2i n°19 – Septembre 2026