Dans la vie de tous les jours, Julien Casale technicien aeronautique chez Airbus, entretient les énormes Belluga chargés de transporter les pièces d’Airbus finale en Europe. L e Week-end, c’est un pilote redoutable qui a gravi 4 à 4 les échelons vers le succès. En atteste très récemment sa victoire avec une Skoda RS Rally2 aux Côtes du Tarn pour fêter son entrée chez les trentenaires.

«Tout jeune, j’étais déjà sur les bords de spéciale avec mes parents, Thierry et Cathy. Ma mère a même tourné le volant d’une R5 Turbo en circuit. Et dès mes 18 ans, je ne songeais qu’à ça. En 2016, j’ai enfin pu acheter une Saxo N2. Mon premier rallye, le Frontonnais, s’est arrêté dans la 2e ES sur ennuis mécaniques » s’esclaffe Julien.

2E AU SCRATCH AVEC UNE SAXO EX MARGAILLAN

Mais les premières sensations sont bonnes et très vite, la Saxo joue la classe avant d’être «assassinée» sauvagement lors du Rallye des Côtes du Tarn 2017. Julien rachète alors l’ancienne Saxo «maxi» d’Hugo Margaillan, laquelle va vite évoluer en groupe A. Il aligne nombre de victoire de classe et quelques top 10 remarqués avec en point d’orgue une 2° place scratch au Rallye du Chasselas, en 2020. Mais menée parfois hors des limites, la Saxo connaîtra un sort tragique à Châteauroux, 2 k m après l e départ du shakedown de la finale des rallyes. «Ce fut un mal pour un bien, contre toute attente» commente Julien. «Mon partenaire principal voulait évoluer plus redoutable qui a gravi 4 à 4 les échelons vite, plus haut. Du coup, j’ai pu louer des DS3 vers l e succès. En atteste très récemment ou Clio R3 et lorgner sur le scratch.» 

Sa victoire avec une Skoda RS Rally2 aux Le Toulousain hisse encore son niveau de Côtes du Tarn pour fêter son entrée chez les pilotage ce qui lui permet, avec la complicité de son copain Valentin Augé, de passer à la RS, épisodiquement.

VICTOIRE AU RALLYE DU CHASSELAS

On retient une 3º place au Frontonnais (Skoda) puis, avec une C3, la victoire au Rallye du Chasselas, la 2° au Saint Africain. De quoi lui donner des idées. C’est ainsi qu’avec JPC Compétition puis Meca Fontanilles Compétition, il s’engage en Stellantis avec Brice Gavet au cahier de notes. « D’entrée de jeu, au Touquet, on est surpris. C’est mon meilleur souvenir d’ailleurs. Pointer à 2″ de Fotia dans l’ES2, laisser les autres à plus de 8″ c’était un truc de malade ! On termine finalement 2° des U30 derrière Fotia. Face à Darmazin, Constant, Codaccioni, nous n’étions pas ridicules. En 2024, la victoire se jouait au Var face à Darmezin et Ascenzi. L’embrayage a lâché mais, soyons honnêtes, nous étions derrière. » A l’inter saison, Julien s’interroge, hors d’age pour concourir en Stellantis. « Nous avions l’envie de revenir en championnat de France d’où l’idée de viser le trophée Michelin avec la 208 Rally4. Ça débutait fort avec une victoire au Touquet puis Quentin Ribaud est arrivé et dès lors la bagarre fut serrée, dans un très bon climat. Nous pointons devant lui au Rouergue et aux Cévennes. Au Var, il perd une roue. Le match tourne en notre faveur, mais que ce fut dur de gérer sans aller à la faute durant les 10 Spéciales qu’il nous restait à parcourir! »

AVEC MICHELIN, RÉUSSIR AU RALLYE DU TOUQUET

Pari réussi. Dans la poche, la récompense du Trophée Michelin : un rallye du Championnat de France au volant d’une Rally2. Ce fut donc au Touquet, avec Pierre Delorme dans le baquet de droite, et la Skoda Fabia Rally2 entre les mains. Et Julien n’a pas manqué le rendez-vous. Dans un plateau relevé, face aux références du championnat, le Toulousain signe une 5e place scratch de belle facture. De quoi confirmer, une fois encore, que Casale sait répondre présent lorsque le niveau s’élève. « À 30 ans, j’ai les pieds sur terre. J’avance rallye par rallye. J’ai essayé beaucoup de choses mais, avouons-le, j’ai dans un coin de ma tête le Monte-Carlo ou une belle épreuve du championnat d’Europe. » Julien sait qu’il peut compter sur des fidèles. Ses parents, Méca Fontanilles Compétition, Sud Aéro Formation, Olivier son mécanicien, Wassim son ingénieur, pour n’en citer que quelques-uns. « La victoire au Michelin, c’est une victoire d’équipe. L’an dernier, la voiture a été parfaite! » 2026 pourrait être la saison qui confirme ce réel talent ?

Alain Lauret