En s’imposant dans le dernier Rallye de Monte Carlo aux cotés de son pilote, ‘Léo Rossel, le Saint Jeannais Guillaume Mercoiret est monté d’un cran dans la notoriété à cette occasion, confirmant ses qualités de copilote détectées cela fait 7 saisons, au cours de l’opération Rallye Jeune. Formé dans le cadre de l’équipe de France FFSA, le duo affiche un sang froid qui lui a permis de passer à travers tous les pièges, et ils étaient nombreux pour le coup. Engagé par le groupe Stellantis lors d e l’épreuve monégasque, 1ère manche du Championnat du Monde des rallyes, Léo et Guillaume ont d u composer avec une météo particulierement redoutable et des routes enneigées qui évoluaient rapidement.

A 1 8 ANS JE N'Y CONNAISSAIS RIEN

Guillaume, natif de Saint Jean du Gard, a signé en janvier dernier sa 11e licence de Sport automobile. « J’ai débuté à 18 ans par hasard. Je n’avais aucune connaissance du rallye. Un copain de lycée, Romain Durand, débutait et cherchait un copilote. C’est ainsi que j’ai mis le doigt dans l’engrenage… » Après 3 saisons fructueuses, Romain décide de raccrocher momentanément le casque. Du coup, Mercoiret se retrouve à pied mais pas pour longtemps ! Léo Rossel est en panne de copilote, avant le Rallye des Cardabelles, à mi saison 2021, l’année de la Fiesta Rallye 2 FFSA. Guillaume, bien conseillé, saisit l’occasion de sauter dans le baquet de droite de la Ford. Depuis, le duo, fidèle à Stellantis, Yacco, GT2i, a gravi très vite les échelons du succès. Du titre de champion de France des rallyes asphalte en 2024 jusqu’au plus haut niveau du WRC2, faisant grosse impression en fin de saison dernière.

HEUREUSEMENT STELLANTIS ÉTAIT-LÀ

« L’attente durant l’inter saison a été compliquée. J’en ai profité pour travailler ma gestion du rallye. L’an dernier et les saisons précédentes, nous avions eu un soutien financier de la FFSA décisif, notamment mais nous ne savions pas ce qu’il en serait en 2026 même si nous avons démontré en Croatie et en Europe Centrale que nous pouvions gagner dès la première saison. En décembre, nous avons appris que Stellantis nous soutenait pour les 2 premiers rallyes et que nous aurions une CitroënC3 de chez 2C Compétition! Cette première manche du WRC2 fut exceptionnelle, d’une intensite rare que nous partageons avec les ingénieurs, les mécanos. Pour les pilotes c’était compliqué mais pour les copilotes aussi. Dans ces conditions, la concentration est extrême. Ce d’autant plus quand on a une avance confortable car on doit positiver, ne pas se laisser perturber par des mauvais sentiments… L’an dernier, lors de notre arrivée en WRC2, nous avons découvert un autre monde. On est toujours en pression temps, il a bien fallu la saison pour trouver un début de sérénité… ».

LE MARDI JE ME DEMANDAIS COMMENT PAYER MON LOYER

Quand on aborde l’aspect financier, Guillaume avoue avoir fait un pari. « J’avais un bon travail dans une structure d u Conseil Général du Gard. J’ai démissionné pour jouer à fond mes chances alors que je venais de signer un CDI » ce qui signifiait galérer sur le plan financier. « Mais si c’était à refaire je le referais ! » S’il vit la compétition dans d’excellentes conditions, sans salaire, il doit trouver des moyens de subsistance. « Le Dimanche je montais avec Léo sur l e podium du Monte Carlo, le mardi je réfléchissais comment j’allais payer mon loyer. Je suis auto entrepreneur et je travaille par épisode, en fonction du WRC. J’ai la chance d’avoir le soutien du directeur de mon ancienne école qui me permet d’intervenir auprès des élèves en cours de cursus. » Avec Stellantis, Guillaume intervient sur les journées de développement ou des actions de promotion. Ainsi il a pu naviguer Bruno Saby, au Rallye du Var avec la 208 RC6. « Une expérience inoubliable auprès d’un pilote aussi capé et éclectique !… Je n’oublie pas que nous sommes des privilégiés : être officiel chez un constructeur, soutenu fortement par notre fédération, rouler sur les plus beaux rallies du monde est une aventure de fou, une expérience de vie extraordinaire ! J’espère bien que cela va continuer au sein de la FFSA. On fait tout pour. » nous confiait-il 8 jours après une belle entrée en matière en WRC2.» »

Alain Lauret