Cela fait 14 ans que le Nîmois Grégory Fontalba roule sa bosse sur les spéciales de rallyes et depuis pas mal de temps c’est son (devenu) complice, Stéphan Hermet, qui a pris place dans le baquet de droite. « Tout jeune je rêvais de rallye et de spéciales, celles du Critérium des Cévennes, plus particulièrement. Mon beau père était versé sport auto » précise Grégory qui a fait débuter sa fille Marine à l’âge de 16 ans, dans le baquet de copilote. Pour Stéphan Hermet, l’abord du sport automobile fut tout à fait différent. Pas de passionnés ni de pilotes dans l’entourage. « Je connaissais Grégory pour des raisons professionnelles, lui chef d’entreprise, moi architecte. J’étais passionné et ce sont les hasards des rencontres de la vie qui ont fait le reste. Un jour il m’a proposé d’annoncer  les notes, c’était l’époque de la Clio Ragnotti. On a fait un galop d’essais qui s’est avéré concluant. Depuis, nous sommes inséparables. Nous avons la même vision des choses, de la vie, de l’entreprise et bien sûr cela influe sur notre duo en sport automobile. »

ON PARTAGE DES MOMENTS UNIQUES

Si bien que leurs épouses ont constaté qu’ils avaient les même tocs, rigueur et ponctualité  exacerbées, notamment.  Pour l’un et l’autre le fait de s’entendre est une des clés de leur performance. « On reste lucide, à plus de 50 ans on sait bien qu’on ne va pas faire carrière. Ce n’est pas le but. Mais performer et aller toujours vers le mieux est une vision commune. Cette amitié qui nous versé sport auto » précise Grégory qui a fait lie est au dessus de tout. Partager des moments uniques dans la voiture, ce sont des instants qui n’appartiennent qu’à nous » précise Stéphan. Et s’ils ont réussi quelques bons coups, avec la Clio R3 et désormais depuis 4 saisons avec l’Alpine, Grégory avoue que le travail du « sac de sable » dans le baquet de droite est pour beaucoup dans leur réussite, et pas seulement quand il s’agit d’aider à financer la saison.

UNE PIGE SUR TERRE AVEC OLIVIER LACRUZ

« Quand j’étais jeune, le Graal était de devenir copilote. J’ai d’ailleurs réalisé ce rêve, récemment avec Olivier Lacruz, au dernier rallye des Cardabelles. C’est notre ouvreur en championnat et il m’a proposé de tenter l’expérience. D’entrée de jeu j’ai été impressionné par les bruits, les chocs, si bien que dés le premier virage je n’annonçais plus les notes, je croyais qu’on allait abandonner. Mais ce fut une première enrichissante. Et je comprends encore mieux le boulot que cela nécessite d’être copilote… » nous a confié Grégory. D’ailleurs il reconnaît avoir haussé nettement le ton depuis qu’avec Stéphan ils ont décidé de modifier leur prise de notes et perfectionné celles-ci. « Du coup j’ai beaucoup plus confiance quand on aborde certaines parties de spéciales à fond de 5 ou 6 et cela s’est vite ressenti. Cela nous a permis de passer un nouveau cap et d’aller chercher la gagne, notamment la saison dernière.»

L A GAGNE EN 2022 AU TROPHÉE ALPINE

« En 2022 nous avions gagné le trophée Alpine A 110 RGT. En 2025, on se battait pour le titre face à des pointures comme Florian Bernardi. Il était un peu plus rapide et nous a fait beaucoup progresser. C’était un coup lui, un coup moi. On arrive à gagner au Charbo, à l’Antibes. » Mais le Vauclusien arréte après le Mont Blanc et dès lors le tandem nîmois peut envisager une fin de saison plus tranquille. Mais la casse d u moteur au Coeur de France remet tout en question. Mireille Vidueira est revenue à 19 points avant le dernier rallye, le Var. Une victoire c’est 20 points. Interdit d’abandonner, dès lors. Il faut marquer au moins quelques points. Ils partiront avec 25k g de pièces dans la voiture pour être sur de ne pas perdre leurs illusions sur le bas côté d’une épreuve chronométrée. « On se traînait à 2 à l’heure, l a peur au ventre de crever, surtout dans les spéciales cassantes du côté de Toulon. Une double crevaison et c’eut été la fin. Mais finalement ça c’est bien passé » précise Gregory. Et Stéphan ajoute : « Depuis qu’on roule en Alpine, on avait toujours eu un grain de sable pour nous empêcher d’arriver à nos fins. C’était donc une grande satisfaction. »

VISER LE TROPHÉE MICHELIN EN CHAMPIONNAT

Cette année il n’y a plus de coupe Alpine telle qu’elle existait l’an dernier. La nouvelle version « Alpine A 110 Elf Rallye » permet de marquer des points sur tous les rallyes – 6 sont retenus-, avec un coefficient selon qu’il s’agit d’un régional, national ou championnat. Dans ce dernier cas, seuls 2 résultats sont pris. Les GT+ et R GT FIA sont admises. Obligation est faite d’utiliser des pneumatiques Michelin. Du coup, le tandem a un peu changé son fusil d’épaule. Suivre un championnat avec des métiers prenants est complique. « Nous avons donc choisi de jouer le Michelin en championnat de France, toujours dans la structure de Pascal Enjolras et Thierry Gillet, VIP Enjolras et nous sommes passés à l’échelon supérieur avec une GT+. Il va falloir s’adapter. On a beaucoup d’appui avec l’aéro, c’est très coupleux et quand ça décroche c’est violent. Il faut reprendre les bases. »

BIENTÔT UN RALLYE SUR TERRE ?

Pour leurs débuts, Grégory et Stéphan ont terminé 4e au rallye de Vaison sans approcher les temps de Nicolas Schifano qui gagne. Après avoir fait l’impasse sur le Charbonnières, ils seront à l’Antibes. Quand on évoque les bons souvenirs, Grégory évoque pêle-mêle le premier rallye avec la groupe N, le premier scratch à Vaison, frôlé quelques années auparavant avec la Clio R3 mais surtout le premier rallye avec sa fille aux notes et le Trophée en 2022. « Dans la foulée, grâce à Jean Paul Picard, GT2I et Michelin, nous avons pu nous engager au Monte Carlo. C’était aussi un rêve et désormais, j’en ai un autre, participer à un rallye sur terre…» On le voit, Fontalba et Hermet, c’est une longue et solide histoire qui n’est pas prête de s’arrêter !

Alain Lauret