Le champion de France des Rallyes VHC, Bertrand Fasio, prend goût à la discipline dont les joutes n’ont plus rien à envier aux bastons des modernes. Cependant, après une mauvais aventure au dernier Costa Brava, le Montpelliérain devra encore patienter quelques temps pour débuter un projet qui lui tient à cœur, s a participation au championnat d’Europe VHC. En effet, victime d’une sortie de route violente, il se remettait de l’aventure ces derniers temps sur un lit d’hôpital. « Nous sommes partis en aquaplaning sur une coulée d’eau, à fond de 4e, en pleine ligne droite. Je n’ai rien pu faire pour rattraper la Porsche. Nous étions seconds derrière Latvala. Il m e faudra un petit mois pour être à nouveau d’attaque » précise Fassio, pressé de reprendre le cours de sa passion avec l’âme de jeune homme de 60 ans qu’on lui connait. « Parallèlement au VHC je devrais participer à quelques rallyes modernes au volant de l’Alpine… »

EN TÊTE AU TOUR DE CORSE HISTORIQUE

L’an dernier c’est sa participation au Tour de Corse historique qui l’a convaincu d’aller rouler sa bosse en championnat d’Europe. « C’est un très bon souvenir même si ça s’est terminé de la mauvaise manière. La Porsche 911 RSR est un jouet qu’il serait difficile de m’enlever des mains. Durant les 3 premières journées, nous menions devant une meute de M3 emmenées par Olivier Capanacia e t Marc Valliccioni et surtout la Maxi 5 de Julien Saunier. C’était probant, ce d’autant que sur la RSR le frein à main n’est pas homologué ce qui complique les choses, notamment dans les épingles. J’ai dû manoeuvrer à plusieurs reprises. Le samedi, jour de la dernière étape, je me suis retrouvé avec un problème de répartiteur de frein et trop d’appuis sur l’arrière avec quelques frayeurs a la clé. Nous étions à quelques secondes de la M3 de Capanacia et dans une grande courbe gauche je me suis embarqué. Ce fut la sortie de route. Mais ça reste un des meilleurs moments de la saison avec le Maroc où nous accrochons la 3e place malgré un amortisseur cassé. ».

A M3 EN CHAMPIONNAT NATIONAL ET L E TITRE

Parallèlement Bertrand s’est imposé e n championnat de France avec sa M3 groupe A personnelle. « Ce n’est pas aussi dur qu’un Tour de Corse et l’opposition n’est pas toujours aussi affûtée mais cela permet d e rouler sur de très belles épreuves. Les nôtres mais aussi Le Mont Blanc ou l’Antibes par exemple, ce dans de bonnes conditions. Quand c’est possible on ne peut pas se priver de ce plaisir »… ajoute le chef d’entreprise, ponctuant la précision d’un éclat de rire. « Quand Bertrand compare la M3 et la Porsche, il affirme que la seconde est l’auto qui lui convient le mieux. C’est une auto facile malgré cette histoire de frein à main. Il n’y a pas de DA mais ce n’est pas un handicap. C’est une auto qui motrice beaucoup plus que la M3 et à mon avis ça vaut une demi seconde au kil de mieux. Après, les amortisseurs, les pneus… ont tellement progressé qu’on se battrait avec certaines Rally2 du moderne! » .

EN 2026 UNE RSR PEUT ALLER CHERCHER LES MODERNES

Bertrand s’est amusé à comparer ses temps réalisés dans Notre Dame de la Serra avec ceux d e Partick Bernardini, à l’époque au volant d’une M3. « Je vais 2  » au kil plus vite. Evidemment ça ne veut pas dire que j’ai le talent de Patrick mais ça montre la formidable évolution qu’il y a eu… Ensuite si on se penche sur la question des budgets, et c’est important quand on veut aller en championnat d’Europe, j’évalue le coût trois fois moindre à condition…. de ne pas sortir de la route. Si on regarde du côté des révisions moteur, pour la Porsche c’est tous les 4500 km, sur la M3 tous les 1200 et c’est au moins une facture de 16 000 euros ! En revanche la RSR nécessite d’être gentil avec la boite. Personnellement j’effectue double debrayage en montant et en descendant les vitesses. Si on se freine avec la boite ça peut devenir rapidement coûteux ! » .

UNE ASSOCIATION AVEC ROMAIN JOFFROY

Si on comprend bien, Bertrand, sur cette Porsche (dont on disait à l’époque « juste de l’essence et de l’huile », mais le carter est conséquent !), on ne change que quand il faut changer. Depuis toujours l’Allemande est suivi par Romain Joffroy, préparateur et fils de préparateur Porsche incontournables. «Ce sera le cas dans le cadre du championnat d’Europe et nous avons conclu un partenariat. Pour lui, qu’un amateur soit devant est valorisant. J’ai m a propre structure qui a été intégrée à son équipe. J’amène la Porsche RSR, lui les pièces et 2 mécaniciens qui permettront d’assurer le suivi et l’évolution. Volontairement les passages en reconnaissances seront réduits. Jean-François De Montredon est un copilote de talent et notre système de notes est élaboré en conséquence.».

ET LES NOTES DE MAXIME VILMOT

«Grâce à Maxime Vilmot (société Race4you, NDLR) qui fournit des notes de chaque rallye nous réduisons les reco de 1 ou 2 jours et le budget essence. Pour un Rallye du Maroc, c’est facturé 800 euros, 280 pour le championnat d e France » précise Bertrand. « Et c’est très professionnel, parfaitement vérifié et fiable. D’ailleurs certains organisateurs le recommandent. Cela permet de rouler en alliant sécurité et performance. Je vais avoir 60 ans le 31 juillet et il s’agit de prendre du plaisir, surtout… » ajoute le Montpelliérain dont on sait qu’une fois derrière le volant et passé les 2 premiers virages, l’attaque revient vite. Comme il a coutume de dire, « Je ne me vois pas vieillir. Je n’ai pas 60 ans, disons plutôt que ça fait 30 ans que j’ai 30 ans ».

Alain Lauret