Du réel au virtuel, il n’a parfois qu’un simple téléphone. L’histoire d’Anthony Perrier, jeune youtubeur de 28 ans, reconnu dans la communauté automobile francophone, démarre i l y a quelques années dans son garage. À 18 ou 19 ans, confronté à une panne sur sa voiture, un embrayage à remplacer, il se retrouve face à une contrainte simple : il n’a pas les moyens de payer un garagiste. Alors, comme beaucoup de jeunes dans sa situation, il décide de se débrouiller seul. Ce moment, presque banal, devient fondateur. Il démonte, remonte, tâtonne… et surtout, « Avant même de parler, je dessinais des tracteurs » , raconte-t-il en souriant. Une anecdote qui en dit long sur une fascination précoce pour les machines. Originaire d’Isère et aujourd’hui implanté dans la Drôme, sa passion puisse ses racines aussi dans un cadre familial : son grand-père, directeur d’un club de voitures anciennes, l’emmène régulièrement sur des plus ça l’est pour ceux qui regardent. » Une rassemblements. Chaque dimanche devient spontanéité qui se ressent dans ses vidéos, alors une immersion dans un univers fait de où les réussites côtoient les imprévus, e t carrosseries brillantes, de moteurs chargés où l’apprentissage se fait en temps réel. d’histoire et de discussions de passionnés.
LA TRANSITION DU VIRTUEL À L'ÉCRAN
L’idée est d’abord pragmatique : documenter pour, peut-être, rentabiliser l’opération. Mais très vite, quelque chose prend. Les vidéos trouvent leur public. Nous sommes autour de 2017, à une époque où moyens. le contenu automobile sur YouTube en France reste limité, souvent dominé par des formats plus institutionnels ou haut de gamme. Anthony, lui, propose autre chose : une approche accessible, imparfaite, mais sincère et authentique. Son fil conducteur se construit naturellement: lancer des défis, apprendre en même temps que son audience, parler à ceux qui, comme lui à l’époque, viennent d’avoir leur première voiture et n’osent pas toujours mettre les mains dans le cambouis. « A la base, je voulais simplement montrer aux jeunes comme moi qu’on pouvait oser réparer de nous mêmes, raconte Anthony. Au fur et à mesure de répéter l a manoeuvre on apprend, mais encore aujourd’hui j’apprends sur le tas.» Une démarche qui crée rapidement une proximité avec sa communauté. Ce qui fait la différence, c’est aussi son rapport au contenu. Il suit avant tout son envie. « Quand je fais ce qui me plaît, c’est ce qui marche le mieux marche le mieux. Plus c’est fun pour moi, plus ça l’est pour ceux qui regardent. » Une spontanéité qui se ressent dans ses vidéos, où les réussites côtoient les imprévus, et où l’apprentissage se fait en temps réel.
Ses inspirations, il les trouve notamment chez deux créateurs étrangers, Marty et Moug, qu’il découvre à ses débuts. « Ils faisaient ce que je voulais faire, avec plus de moyens. Ça m’a donné envie de me lancer.» Mais plutôt que de copier, Anthony adapte, transpose à son échelle, avec ses propres moyens.
UNE AUTHENTICITÉ APPRÉCIÉE
Si son activité sur YouTube lui permet aujourd’hui une certaine autonomie – notamment celle de pouvoir entretenir ses véhicules sans passer par un garage — il reste fidèle à son état d’esprit initial : apprendre, partager, et continuer à se challenger. D’ailleurs, la frontière entre passion et ambition évolue. Après avoir préparé une voiture pour la piste, l’idée de s’engager davantage dans le sport automobile fait son chemin.
Les 19 et 20 septembre prochains, il franchira une nouvelle étape en devenant speaker lors du Low d’Out, à Bourg-en- jur où il exposera également certaines de ses voitures. Une reconnaissance supplémentaire dans un parcours construit sans plan préétabli. Au fond, l’histoire d’Anthony Perrier ressemble à celle de beaucoup de passionnés, à une différence près : il a choisi de la raconter.
Matthieu Morel
