Comme pour tous ses petits copains, le Vauclusien Tom Pellerey, ne pouvait éviter de mettre un jour ses fesses dans un baquet d’une auto de Rallye. Alain, son père, écumait les formules de promotion Citroën, de l’AX à la Saxo Kit car. Son cousin, Stéphane, avait déjà montré le chemin en s’imposant dans l’opération Rallye Jeunes. 

De ce fait, c’est par Rallye Jeunes, où il s’impose en 2021, que Tom s’attaque à la compétition automobile à 24 ans. « J’ai beaucoup appris dans le cadre de Rallye Jeunes mais c’est une saison à oublier sur le plan résultat ! Avec tout de même une petite satisfaction au Terre de Vaucluse, victoire en RC4 et 2 RM ».

CHAMPION JUNIOR EN CLIO TERRE

Avec la Clio Rally 5, il fait ses classes en 2023. « En 2024, les voyants étaient au verts pour performer : préparation physique, matérielle, mentale… Nous sommes partis avec Hervé, sur le Trophée Terre avec Yacco et CHL et cela a très bien fonctionné. D’entrée de jeu, nous gagnons aux Terre des Causses. Nous enchaînons avec la 2e place au Castine et à Aléria avant de récidiver au Terre de Lozère empochant le titre junior » C’est parfaitement relâché que le duo aborde le rallye des Cardabelles. Néophyte, ici, cela ne l’empêche pas de dominer Boulenc, avant la casse d’un cardan le 1er jour. « Si nous avions remporté 2 scratchs de plus en spéciale on pliait aussi le match pour la coupe. Nous concluons au Vaucluse par la victoire RC5 et 2RM, et le titre de Champion de France 2 roues motrices. Le volant ofÏciel Renault 2025 nous attendait alors pour s’étalonner en championnat du Monde avec une Clio Rally3 !»

LE MONDIAL : UN SACRÉ STEP

« Les débuts, aux Causses, étaient parfaits alors que nous découvrions l’auto. Il s’agissait d’être studieux, ne pas forcer. Nous gagnons le RC3. De bon augure pour le Portugal. Là, ce fut très harassant dès les reconnaissances avec des journées à rallonge, des crevaisons, pas mal de soucis. Avec l’équipe Renault, nous avions décidé d’adopter un rythme sécuritaire pour apprendre face à des pilotes qui avaient fait le rally 2 ou 3 fois auparavant. Stratégie payante ! Nous étions 4e quand les soucis sont arrivés, et bien que suivant notre feuille de route, une rotule en a décidé autrement. Ce jour là nous avons aussi appris la débrouille ! ». Suit le Rallye de Sardaigne ou les Vauclusiens allument la troupe des WRC3, signant d’entrée de jeu le premier scratch. « Première journée sur un rythme journée sans prise de risque que nous terminons à la seconde position. L’objectif du second jour était différent, remonter sur Fontana et reprendre la tête du rallye. 10 secondes de récupérées sur la boucle du matin ! L’après-midi à débuter sur un gros rythme, nous refaisions la moitié de notre retard dans la première spéciale de la boucle jusqu’à qu’un amortisseur nous trahisse. »

UN SCRATCH EN FINLANDE

En Finlande, l’équipage arrive dans ses petits souliers, attaque le rallye sur la défensive, naviguant autour de la 7e place du WRC3 puis signe un premier scratch dès le 1er jour. « Le soir, nous étions contents d’avoir maîtrisé les bosses et la découverte de ce rallye de dingues. Mais je n’ai pas dormi de la nuit. Le lendemain matin, j’avais les deux pieds dans le même soulier. J’étais en retrait et alors que je reprenais du rythme, une fixation du pare-choc a percé le radiateur. Abandon et passage en Super Rallye. » précise Tom. « Nous voulions marquer les esprits le dernier jour ». Dans Ouninpojha et ses 23km ils accrochent le 4e temps du WRC3 au 1er passage puis le 2e au second passage à 5’’ seulement de Taylor Gill expérimenté leader du JWRC et WRC3.

EN LAPONIE, L’HIVER

Pour le dernier rallye du programme, l’Europe Centrale, Tom est confiant et rêve déjà du WRC2. « J’espère que ces performances me permettront d’avoir de nouveaux partenaires. Sur le plan personnel, j’ai organisé ma vie en fonction des Rallyes. L’hiver, je suis moniteur de pilotage en Laponie suédoise, au sein de Lapland Ice Driving. Je suis titulaire d’un Master en management et marketing du sport. Je gère aussi ma base d’essais, Lucéna Rally Test, à Visan, dans le Vaucluse. Par ailleurs, outre Yacco, GT2i… qui m’ont toujours aidé, j’ai la chance d’avoir à mes côtés Mon père sur qui je peux toujours compter pour me partager son expérience, mon oncle spécialiste en gestion et mon cousin qui suit de très près chacune des épreuves ». La tête bien faite et un pied droit très lourd, des arguments qui peuvent peser dans la balance, plus tard.

Alain Lauret