Epoustouflant dans le Trophée Clio Terre, en 2023, Mattéo Chatillon, le pilote de Châtellerault a vite gagné ses galons de pilote ofÏciel chez Alpine Renault pour évoluer depuis deux ans en WRC3. À 23 ans, ce mécanicien de formation travaille dans l’entreprise familiale de rénovation en bâtiment.

GT2I : Comment es-tu venu aux rallyes ?

Mattéo Chatillon : Mon père Loïc a gagné Rallye Jeune en 2000 et j’ai baigné dans ce milieu dès mes premières années. À 16 ans, j’ai commencé à insister pour monter dans le baquet de droite. Mon père n’a pas vraiment résisté. Il a ressorti la 206 et nous avons participé à 3 rallyes. Pour mes 18 ans j’ai reçu en cadeau un engagement pour le rallye d’Automne. À partir de ce moment je n’ai eu en tête qu’une chose, devenir pilote professionnel.

GT2i : Tu avais un plan bien établi ?

MC : Je savais que la meilleure solution était de participer à une coupe de marque. Je me suis lancé dans le championnat de France junior avec une Fiesta mais c’était l’époque de la crise COVID, donc compliqué. En 2022 j’ai couru quelques manches du Trophée Clio Terre mais les problèmes mécaniques ne nous lâchaient pas. Dès lors j’ai décidé de rouler avec ma propre Clio gérée par l’équipe qui a toujours suivi mon père, ARL Sports, basée à Poitiers. En 2023 la victoire dans le trophée junior terre, a 22 ans, m’a propulsé pilote ofÏciel Renault Castrol en championnat de France terre dans l’équipe 3P Racing avec une Clio Rally3. Nous avons gagné 2 manches mais nous en voulions plus

GT2i : Tu sautes le pas et tu pars en championnat du Monde en 2024

MC : C’est exact. Avec mon père et Patrick Magaud, ami de longue date, nous avons mis sur pied un programme en Mondial avec la Clio Rally3 de l’équipe ARL. Maxence Cornuau, mon copilote était partant. Nous terminons 2e RC3 au Monte Carlo, gagnons le général au rallye de la Vienne en séance de préparation puis terminons seconds en Croatie et Portugal, 4e en Pologne. La saison se termine par un tonneau, en Finlande, mais mission presque accomplie avec le titre de vice champion du Monde.

GT2i : De quoi nourrir de sérieux espoirs pour 2025

MC : C’est vrai mais cela ne s’est pas passé comme prévu. Le souhait d’aller en WRC2 ne s’est pas réalisé et nous avons décidé de redoubler. Hormis la victoire aux Canaries, les ennuis se sont succédé : tonneaux au Monte Carlo, problèmes en Suède puis au Portugal (châssis), abandon en Sardaigne et en Finlande ! Du coup on s’arrête là pour cette année car insister ne servirait à rien.

GT2I : Certains points sont néanmoins positifs ?

MC : Bien sûr. Avant d’abandonner nous étions dans le coup et il faut construire l’avenir. J’ai des atouts, je sais être persévérant et ne rien lâcher. Autour de moi, le soutien est total avec mon père, mon épouse et mes proches. Patrick Magaud est l’ouvreur de Adrien Fourmaux, donc d’un apport d’expérience important sur le terrain, les stratégies, la météo. J’ai la chance d’avoir une cinquantaine d’amis qui me suivent sur toutes les manches, regroupés au sein du MC Racing. Et ça c’est inestimable. J’irai en WRC2 ! Je dois gérer certains défauts. Par exemple, je suis impulsif parce que compétiteur dans l’âme et j’accepte mal la défaite sauf si j’ai commis une erreur… Ne pas accepter la défaite en souriant, c’est plutôt une qualité, non ? Surtout si on sait en tirer des leçons, le recul aidant

Alain Lauret