Imaginez des bolides surpuissants, des pneus qui crissent, la fumée qui s’élève et des pilotes qui semblent ne faire qu’un avec leurs machines. Le Drift, c’est l’art de transformer la course en chorégraphie mécanique. Trouvant ses racines dans les années 80 au Japon, le mot anglais «Drift» qui signifie dérapage, s’est petit à petit érigé en Europe et en France dans les années 2000, où il se professionnalise, notamment, avec l’arrivée du Drift Challenge organisé par Tony Jouin. Après l’arrêt de ce championnat, Jérome Vassia décide de reprendre les rênes de cette jeune discipline en plein essor, en créant le Championnat de France de Drift, en 2013. Un an plus tard, après une validation par la Fédération Française du Sport Automobile, le Drift devient fédéral et est reconnus ofÏciellement en 2014. Des compétitions ofÏcielles ont vu le jour comme le Championnat de France de Drift, et depuis le championnat n’a eu cesse de se développer dans l’hexagone.
LA DRIFT TEAM ORANGE : UNE IDÉE
MADE IN VAUCLUSE
Bien que devenu fédérale en 2014, certains acteurs de cette discipline étaient déjà de la partie, et c’est le cas de Benoit Vavasseur. Originaire d’un petit village proche d’Avignon dans le Vaucluse, Ben, comme il se fait appeler, a commencé le Drift dans les années 2010, après avoir découvert cette nouvelle discipline via des vidéos sur le net. Fils d’un ancien cascadeur dans le monde du spectacle et du cinéma, le Drift était pour lui une évidence. Quelques années plus tard, Benoit et son ami Yohan décident de créer un team pour rouler, et l’histoire a suivi. «On a commencé à préparer une voiture, puis une deuxième, puis une troisième… Mais lors des roulages, je n’arrivais pas à reconnaître les voitures sur la piste. L’anecdote est qu’à l’époque, je roulais à moto avec une KTM, et j’ai décidé de peindre les voitures en orange, et c’est de ça qu’est née la Drift Team Orange», sourie Ben.
« LE DRIFT, CE N’EST PAS COURIR…
C’EST BRILLER DANS LA FUMÉE. »
Pas de chrono, pas de ligne d’arrivée : au Championnat de France de Drift, c’est le style qui compte. Les pilotes lancent leurs bolides sur des circuits techniques, volontairement en perte d’adhérence, pour enchaîner des virages dans un ballet de fumée et de gomme brûlée. Le principe ? Deux temps forts. D’abord les qualifications en solo, où chaque pilote est noté par des juges sur la précision de sa trajectoire, l’angle de sa voiture et le style de sa glisse. Après-coup, les 32 meilleurs poursuivent l’aventure avec le but d’accéder aux phases finales. Puis viennent les battles, duels spectaculaires où l’un mène et l’autre doit coller au plus près, avant d’échanger les rôles. Des 16e de finale jusqu’à la finale, le premier, affronte le dernier et le jury départage celui qui a offert la prestation la plus impressionnante. «Pour gagner sa battle, ce n’est pas simplement bien glissé, explique Benoit. D’abord, il faut tenir sa trajectoire parfaitement, et sur la piste il y a des clips – carrés dessinés au sol – où l’on doit rouler dessus pour marquer des points stratégiques. De plus, le déclenchement, l’angle et la vitesse sont des aspects importants que les juges notent.» Manche après manche, les points s’accumulent. À la fin de la saison, le pilote le plus régulier et le plus audacieux est sacré Champion de France. Plus qu’une course, le Drift est un show, une discipline où la maîtrise flirte avec l’art, pour le plus grand plaisir des spectateurs.


Matthieu Morel
