Arthur Pelamourgues, Ruthénois de 24 ans est un garçon qui sait allier plaisir et bonne humeur même quand la situation se complique. Dans une famille de passionnés au palmarès impressionnant, il est en train de marquer le WRC3, signant dès son arrivée des temps remarquables, pas toujours concrétisés par la victoire, il est vrai. Mais quand on a prouvé que l’on peut être devant tout le monde, il ne reste plus qu’à analyser et trouver des solutions. Et, sur ce chapitre, on comprend que l’Aveyronnais a une capacité de réflexion digne de pilotes plus expérimentés. OfÏciel Renault, après sa victoire en coupe Clio asphalte, l’an dernier, Arthur dispose d’une Clio Rally3 préparée par Fun Meca Sports et un budget conséquent pour 3 manches du championnat du Monde (et 2 à titre privé).

Le NS2, rien de mieux pour apprendre

Depuis ses débuts, son parcours atteste d’une belle maturité dopée par un enthousiasme impressionnant et une faculté d’analyse rare. En témoignent ses premiers rallyes. « Le rallye, c’était un projet, déjà tout jeune. Je me suis formé en conséquence. Après un BTS en aéronautique (pour assurer les bosses de la Finlande ? NDLR) j’ai enchaîné avec plusieurs formations des métiers de l’automobile, mécanicien, carrossier, tôlerie car je voulais mettre tous les atouts de mon côté. Ce qui me sert même aujourd’hui. Quand on a froissé l’auto en Estonie nous sommes restés sur place car la Finlande était juste derrière. Pendant que l’équipe Meca Fun gérait le reste j’ai restauré la carrosserie » précise Arthur, hilare. Quand on n’a pas de gros moyens, pour débuter on a la solution du N2S, qu’on se le dise ! Chez les Pelamourgues, on ne peut laisser dormir une auto de rallye dans un garage ! Arthur et son comparse, Bastoo Pouget, engagent la Clio N2S familiale au Rouergue 2021. « On a failli gagner le groupe N sous le déluge. Dans le dernier chrono, j’ai pensé à une crevaison. Je me suis arrêté. Ce n’était pas le cas. Nous terminons 2e pour 1,5s ! Du coup, ça nous a donné des idées. On a cherché la région où il avait le plus de N2S. C’était en Auvergne. Et on s’est formés ainsi…».

DES ERREURS MAIS LA SENSATION D’UN POTENTIEL

De fil en aiguille, le duo Pélamourgues Pouget se retrouve bien vite derrière le volant d’une Clio RC5 pour s’imposer finalement l’an dernier, avant la limite dans le Clio Trophy asphalte. « Tout ce qui arrive depuis 3 ans, c’est tellement impressionnant, imprévu même. C’est irréel, surtout quand nous avons touché la Clio RC3 pour rouler au Terre de Vaucluse puis au Rallye de La Rochelle où nous signons 3. Un monde extraordinaire ! Et pour terminer sur une bonne note nous sommes allés aux Cévennes pour assurer le titre Team à Fun Méca Sports qui… nous avais déjà contacté à l’époque de la N2S ! »

Y’A UN TRUC À FAIRE !

De retour d’un fabuleux rallye de Finlande, Arthur tire un bilan très positif de ce programme de 5 manches du championnat du Monde. « Nous avons débuté par une victoire au Monte Carlo en privés. Nous terminons avec 6min d’avance sur le second. Autant dire que nous étions sur un nuage ! Au Portugal, découverte de la terre. Avec le WRC3 junior c’était le must. Nous étions en tête malgrès une crevaison mais je suis parti à la faute. Et en Finlande nous avons abordé un autre monde. Il a fallu réinventer un système de notes. Nous avions décidé de rouler calmement, sans regarder les temps. Le premier jour nous sommes à 0,2s au km du leader, le 2e jour on perd les essuie glaces sous l’orage pour finir 6e , sans expérience ! Je reste lucide et calme. Je suis toujours pessimiste avant le rallye mais j’adore la pression dès qu’on roule. Et, bizarrement, quand c’est compliqué, c’est là que je suis le plus lucide… Après la Finlande on se dit qu’il y a un truc à faire mais il faut changer d’échelle. Passer de l’amateurisme à autre chose. Et là je suis un peu désarmé. Heureusement qu’autour de moi, outre ma famille, j’ai des professionnels, prêt à faire de nous un… équipage professionnel. » Le successeur de Didier Auriol

Alain Lauret