Ecrin hors pair pour une course inscrite dans la légende automobile, la cité royale a vécu ce dimanche un Grand Prix historique jalonné de 13 courses. 23 000 spectateurs en ont savouré l’affiche d’exception…

HGPCA FORMULE 1 PRE 1961

Du musée à la piste. Les plus anciennes des voitures de Grand Prix réunies par l’association anglaise HGPCA ont enchanté le public palois au son de leurs mécaniques d’un autre temps. Logiquement dominées par les volumineuses Formule 1 à moteur 2,5 litres des années 50, les courses de ce dimanche ont vu la domination de l’Anglais Julian Bronson, vainqueur le matin sur son étonnante Scarab américaine à moteur Offenhauser (une F1 vue sur plusieurs Grand Prix en 1960), et qui était en passe de récidiver l’après-midi avant d’être contraint à l’abandon à 3 tours de l’arrivée. Battu en course 1, le « poleman » espagnol Guillermo Fierro en a ainsi profité pour prendre sa revanche devant l’Allemand Klaus Lehr, l’un et l’autre ayant le privilège de piloter une précieuse (et ex championne du Monde) Maserati 250F. Une quinzaine d’autre joyaux a pris part à cette double course, dont la Ferrari Dino de Tony Smith, malheureusement éliminée, la Bugatti 35B de Françis Courteix ou la Talbot T26SS de Richard Pilkington, vue aux 24 heures du Mans 1938 et 39.

Course 1 : 1.Bronson (Scarab) ; 2.Fierro (Maserati 250F) à 7,0’’ ; 3.Lehr (Maserati 250F) à 33,9’’ ; 4.Nuthall (Alta F2) à 47,9’’ ; 5.Topliss (ERA) à 56,9’’, etc.

Course 2 : 1.Fierro ; 2.Lehr à 16,8’’ ; 3.Nuthall à 18,5’’ ; 4.Grant (Cooper Bristol) à 39,0’’ ; 5.Topliss à 40,3’’, etc.

FIA LURANI TROPHY FORMULE JUNIOR

Petits moteurs et grands souvenirs. Formidable plateau riche d’une trentaine de pilotes en provenance de 14 pays différents, le FIA Lurani Trophy rend hommage aux grandes heures de la Formule Junior et de ses petites monoplaces à moteur 1100 qui menèrent tant de champions vers la F1 à la charnière des années 50 et 60. Tenu en échec aux essais qualifs, l’Italien Pierre Tonetti s’est montré autrement plus entreprenant en courses en imposant sa Brabham BT6 dans celle du matin, comme dans celle de l’après-midi. A bord d’une auto similaire, le Suisse Philipp Buhofer a d’abord enrôlé le statut de dauphin, avant de laisser cet honneur à l’Anglais Mark Pangborn (Lotus 20B) en course 2. En local de l’étape, Olivier Rechêde (Brabham BT2) a superbement tenu son rôle en bataillant constamment dans le trio de tête, pour se hisser sur le podium du matin, puis échouer à son pied quelques heures plus tard.

Course 1 : 1.Tonetti (Brabham BT6) ; 2.Buhofer (Brabham BT6) à 4,9’’ ; 3.Rechêde (Brabham BT2) à 19,1’’ ; 4.Pangborn (Lotus 20B) à 21,9’’ ; 5.Campos Costa (Lola MK5) à 33,2’’, etc.

Course 2 : 1.Tonetti ; 2.Pangborn à 1,7’’ ; 3.Campos Costa à 3,4’’ ; 4.Rechêde à 3,7’’ ; 5.Fyda (Brabham BT6) à 26,4’’, etc.

TROPHEE FORMULE 3 CLASSIC

L’admirable Nelson. Déjà dominateur des « qualifs » du samedi, Nelson Lukes s’est montré impérial ce dimanche en tenant Fred Lajoux en respect dans la course du matin, tout comme dans celle de l’après-midi. Un magistral doublé pour le jeune Marseillais, dont l’expérience du tracé palois se limitait jusqu’alors à sa participation au GP moderne 2006. Simon Jackson (Chevron B43), Pascal Gerbout (Ralt RT3) et David Caussanel (Brabham BT41) éliminés dans un même accrochage alors qu’ils se disputaient la 3ème place de cette course 1, l’horizon de Bruno Houzelot (Martini MK34) et de l’Anglais Rob Moores (Chevron B38), constamment à la lutte, s’en est trouvé sérieusement dégagé. Sur le modèle de Lukes, Tony Boudreault a lui aussi signé un sans faute en imposant par deux fois son Orion parmi les Formule Renault. Une bonne raison pour être honoré sur le podium par les représentants de Fujitsu, fidèle partenaire de ce Grand Prix.

Course 1 : 1.Lukes (Martini MK39) ; 2.Lajoux (Chevron B43) à 2,1’’ ; 3.Houzelot (Martini MK34) à 8,3’’ ; 4.Moores (Chevron B38) à 10,7’’ ; 5.Eynard-Machet (Martini MK31) à 12,3’’, etc. Course 2 : 1.Lukes ; 2.Lajoux à 0,3’’ ; 3.Moores à 4,1’’ ; 4.Houzelot à 5,6’’ ; 5.Martin (Martini MK39) à 9,0’’, etc.

HGPCA FORMULE 1 PRE 1966

Cooper à l’honneur. Les F1 de la période 1961-1965 ont, elles aussi, apporté un piment tout particulier et une note de prestige à ce dimanche de Grand Prix historique. L’auteur de la pole, Andy Middlehurst (Lotus 25), éliminé dès la course d’ouverture, l’Anglais Rod Jolley a rapidement transformé cette double rencontre du jour en démonstration, sa Cooper T45/51 prenant à chaque fois un net avantage sur la concurrence. Ses compatriotes Andrew Beaumont (Lotus 24) et Barry Cannel (Cooper T51) l’ont rejoint sur le podium le matin, avant de connaître un sort moins favorable l’après-midi. Une seconde confrontation où Dan Collins, autre Britannique bon teint, a profité de l’abandon d’Andrew Beaumont pour hisser sa Lotus 21 au deuxième rang. Dans cette course 2, Patrick Jamin, « le » pilote français de ce plateau, s’en est sorti avec les honneurs de la cinquième place aux commandes de sa Lola F2 1000 cm3 de 1964.

Course 1 : 1.Jolley (Cooper T45/51) ; 2.Beaumont (Lotus 24) à 42,5’’ ; 3.Cannel (Cooper T51) à 55,7’’ ; 4.Ott (Cooper T53) à 59,7’’ ; 5.Collins (Lotus 21) à 1’00’’, etc.

Course 2 : 1.Jolley ; 2.Collins à 20,9’’ ; 3.Cannel à 23,1’’ ; 4.Ott à 51,4’’ ; 5.Jamin (Lola T54), etc.


FORMULE FORD HISTORIC

Fowler avant le chaos. Les pilotes de Formule Ford ont fourni deux des plus belles courses de la journée, notamment le matin avec une arrivée groupée à quatre et la victoire surprise de l’Anglais Niel Fowler (Winkelmann) – pour 12/1000 de seconde – face au trio suisse Gislain Génecand, Didier Colombat, Alain Girardet. Le match retour de l’après-midi a lui aussi été mouvementé avec une longue interruption de course due à une sortie de piste et l’obligation de donner un second départ, immédiatement suivi d’un… arrêt définitif suite à l’accrochage entre les deux premiers, Colombat et Génecand. Le classement étant établi au tour précédent, ils n’en raflent pas moins les deux premières places.

Course 1 : 1.Fowler (Winkelmann) ; 2.Génecand (Crosslé 30F) à 0,012’’ ; 3.Colombat (Van Diemen RF80) à 0,4’’ ; 4.Girardet (Lola T200) à 0,6’’ ; 5 .Belle (Lola T540) à 8,9’’, etc. Course 2 : 1.Colombat ; 2.Génecand à 0,04’’ ; 3.Fowler à 1,5’’ ; 4.Belle à 2,1’’ ; 5.Girardet à 3,0’’, etc.

TROPHEE MAXI 1000

Hélary, Marty, même combat. Particulièrement à l’aise sur l’étroit circuit palois, les petites 1300 cm3 (d’avant 1977) du Trophée Maxi 1000 ont une nouvelle fois offert le spectacle que l’on attendait d’elles. Présent en guest star, Eric Hélary n’y a pas failli à sa réputation en remportant la course du matin devant le Portugais Paulo Antunes (Datsun Sunny) et l’autre Mini Cooper de son équipier du jour, Laurent Majou. Stoppé par un souci mécanique dès le premier tour de la course 2, l’ancien lauréat des 24 heures du Mans s’est donc retrouvé dans l’incapacité de doubler la mise l’après-midi, sa malchance faisant cette fois le jeu de Didier Marty, passé en tête à 2 tours de l’arrivée. Leader jusqu’alors, Laurent Majou se contente ainsi de la deuxième place entre la jolie Lotus Seven Série 1 du Toulousain et la Cooper du Palois Philippe Quirière.

Course 1 : 1.Hélary (Cooper) ; 2.Antunes (Datsun Sunny) à 0,7’’ ; 3.Majou (Cooper) à 2,1’’ ; 4.Couche (Cooper) à 17,0’’ ; 5.Bernard (Lotus Seven) à 20,2’’, etc.

Course 2 : 1.Marty (Lotus Seven) ; 2.Majou à 3,6’’ ; 3.Quirière (Cooper) à 11,9’’ ; 4.Gandini (Cooper) à 14,9’’ ; 5.Couche (Cooper) à 15,8’’, etc.

IBERIAN HISTORIC ENDURANCE

Ferreira-Cardoso les plus Ford. Championnat dédié aux GT et Voitures de Tourisme d’avant 1977, l’Iberian Historic Endurance fréquente les rues de Pau depuis l’édition 2014 du Grand Prix historique et s’y fond à merveille. Regroupant près de 40 autos au départ, cette endurance, avec passage obligatoire par les stands à mi-parcours, a une fois encore ravi le public soixante minutes durant. Leaders depuis le départ à bord d’une Ford Escort propulsée par un 1600 Cosworth, les Portugais Miguel Ferreira et Joan Pina Cardoso ont rallié l’arrivée en tête, sans jamais avoir réellement été inquiétés par les Espagnols Lopez-Rodriguez et le régional Bernard Salam.

Course : 1.Ferreira-Cardoso (Ford Escort RS) ; 2.Lopez-Rodriguez (Porsche 911 3.0l RS) à 39,3’’ ; 3.Salam (Porsche 911 3.0l RS) à 51,8’’ ; 4.Cazalot-Cazalot (Lotus Seven) à 52,7’’ ; 5.Pinto (BMW 2002 TI) à 1’03,5’’, etc.

BORDS DE PISTE…

Plus de 400 autos de collection au Parc Beaumont. Au Grand Prix de Pau historique, la passion ne se vit pas seulement sur la piste. Selon la tradition, l’espace du Parc Beaumont a été le théâtre d’un gigantesque rassemblement de plus de 400 voitures de collection. Parade en ville et concours d’élégance figuraient également au menu de ces « à côtés » qui font le charme du Grand Prix…